Insiders

Elie Obeid – “Lorsque je voyage, je cherche à vivre une expérience locale.”

Rencontre avec notre insider de la semaine !

Cette semaine, nous sommes allés à la rencontre d’Elie Obeid, Libanais d’origine mais Parisien d’adoption. Derrière son doux regard, il est un réel prédateur des plus belles scènes de vie parisiennes. Exposant sur son Instagram son quotidien, Elie rend poétique une balade dans les ruelles désertiques du 5ème, une course sous la pluie parisienne et ses grignotages dans les meilleurs coffee shops de la capitale.  @ElieyObeid est notre Insider de la semaine.


Hello Elie. Qui est @Elieyobeid, ton alterego Instagram ?


elie-obeid-photoC’est un mec qui aime la gastronomie, le café, les nouvelles adresses, Paris, rencontrer les gens passionnés…

Tu es parisien ?

Je suis d’origine libanaise, Parisien depuis 9 ans. Je me sens complètement parisien.

En tant que Libanais à Paris, quel endroit sent bon la maison?

Je n’intègre pas vraiment mon côté libanais dans mon rapport à Paris, même s’il y a des restaurants libanais que j’aime beaucoup comme Liza : c’est une adresse que j’apprécie beaucoup, on y rencontre beaucoup de libanais. Quand j’ai envie d’un vrai restaurant libanais, je vais dans le 16ème à Porte d’Auteuil chez Solemar. En cuisine, un frère et sa soeur travaillent dans la pure tradition, c’est un restaurant familial, ça me renvoie vers mes origines…

Aujourd’hui, on prend le petit déjeuner chez Fragments. Pourquoi avoir choisi cette adresse pour nous rencontrer ?

J’ai commencé à venir à Fragments dès l’ouverture. Au début, j’attendais 40 minutes pour avoir mon expresso, mais je sentais qu’il y avait quelque chose de différent par rapport aux autres cafés. J’ai continué à venir… Plus je venais et plus la qualité augmentait, elle est aujourd’hui nettement supérieure aux autres coffee shop. La vision de Youssef, le fondateur, sur le café est vraiment différente. Sa différence ? Il laisse tiédir le café plus longtemps, la texture est différente, le goût est renforcé mais il n’y a pas d’acidité ni d’amertume, l’équilibre est parfait. C’est Fragments qui m’a fait aimer réellement le café.

elie-obeid-plats

 

Et aujourd’hui tu as intégré l’équipe…

J’ai commencé à m’occuper des réseaux sociaux de Fragments. Petit à petit, j’ai commencé à passer derrière la machine, faire du café, du latte art, enfiler le tablier en cuisine, inviter quelques blogueurs… Même si je travaille pas tous les jours, je suis obligé d’y passer à moment de ma journée ! Je m’y sens comme chez moi. Là on est en train de boire un café, de manger… Deux minutes après je serais derrière la machine à café, j’aime cet endroit.

Tu te sens aussi à l’aise dans beaucoup d’endroits à Paris ?

Pas vraiment. Ces petits coffee shops, comme le Boot Café, me font sentir comme chez moi. Je connais les baristas, les propriétaires, les habitués… En étant régulier, on commence à sentir son appartenance à un lieu, un endroit.

Le matin tu te boostes à la caféine… Le soir, où aimes-tu finir ta journée pour te relaxer ?
Quand je finis ma journée, c’est Au Petit Cambodge que je vais. J’adore le côté street-food, convivial, les habitués… Après les attentats qui les ont touchés, on sent une vraie communauté liée autour de ce restaurant. Rien n’a changé pourtant, le service est toujours pareil et le bobun est fidèle à lui-même, parfait.

Ton Instagram est devenu une référence du lifestyle parisien. Comment es-tu arrivé aussi loin ?

Je n’aurais jamais pensé arriver jusqu’ici. En commençant à fréquenter les cafés, Instagram a suivi. J’aimais évidemment la photographie depuis tout petit, le café et la nourriture, et grâce à l’outil qu’est Instagram j’ai pu allier mes passions. J’ai aussi pu rencontrer beaucoup de blogueurs, influenceurs.. Paris est une petite ville et on fréquente quasiment tous les mêmes endroits, on se connaît tous même si on se connait pas. Instagram m’a ouvert des portes et des opportunités.. Dernièrement j’ai été cité parmi les « 10 instagrammeurs parisiens à suivre » par Le Figaro, mais aussi par le magazine Vivre Paris.. C’est un peu tout ça qui a créé le boom.

elie-obeid-dégustation

Que souhaites-tu retranscrire au travers ton instagram ?

C’est ma vie quotidienne, c’est la réalité. En venant chez Fragments, je prends une photo de la voiture vintage stationnée devant, mes cafés faits à la minute… Je veux que mes photos transpirent l’humain, je prends les scènes de rues… Tout est pris sur le vif. Je marche beaucoup dans Paris, j’évite de prendre le métro afin de profiter de la ville, et dès qu’une scène de vie me plaît, je sors mon téléphone et capture le moment.

Et tu as un instagram un peu plus secret, au Liban…

Oui, c’est @Lebanonbyalocal. Avant, quand j’allais au Liban, je faisais le tour des nouvelles adresses, j’allais à la plage… Récemment, je me suis rendu compte que ce qui me manquait le plus était l’authenticité de mon pays. Les villages, la nourriture traditionnelle, les plats de ma grand-mère… Si vous jetez un oeil à mon profil, vous serez plongés dans la réalité de Beyrouth, du Liban.

En somme, tu montres le Liban à travers le prisme de l’insider…

Tout à fait ! Avec mon cousin, nous avons même créé un tour guidé, loin de l’idée du guide touristique. On fait vivre aux touristes des expériences avec les locaux : aller à la montagne, chez des vieilles dames, les grand-mères de mes amies, ma grand-mère et les regarder cuisiner, faire de la confiture… C’est une expérience qu’ils pourraient jamais vivre en voyageant tout seuls.

Tu as une perle rare à nous conseiller pour notre prochain voyage à Beyrouth ?

Il y a des adresses, si tu passes à côté tu ne t’arrêtes pas. Une fois dedans, tu y restes. A Gemmayzeh, tu as le restaurant Le Chef, c’est l’un des plus vieux restaurants de la ville. Chaque jour, 5 nouveaux plats du jour s’affichent à la carte. Aux fourneaux, un père et son fils cuisinent depuis 30 ans, c’est une histoire de famille. Ils ont tout gardé à l’ancienne, j’adore ça.

Quelle est ta plus belle expérience de voyage ?

C’était récemment à Amsterdam. J’avais déjà visité plusieurs fois la ville, j’allais sur les sites touristiques. Pour ce dernier séjour, j’ai préféré traîner. Les cafés, les brunchs… Je vivais comme les Amsterdamois. J’ai découvert toutes ces adresses au travers des blogueurs et instagrameurs locaux. Sans eux, je n’aurais pas vécu le voyage de la même manière. Maintenant à chaque fois que je voyage, je cherche à vivre une expérience locale. Le prochain, c’est Rome. J’adore l’Italie et sa cuisine, j’ai beaucoup voyagé au travers ce pays et j’ai déjà pris contact avec quelques profils intéressants de Rome afin de goûter les meilleures pizza et pasta.

elie-obeid-portrait

Comment un touriste peut découvrir le réel Paris, comme Elie Obeid ?

Je leur recommande des petites balades, sans passer par les Champs Elysées. Je leur dévoile des parcs cachés du Marais, du Canal Saint-Martin, de Belleville… Pour les restaurants, c’est plus difficile à recommander car on ne sait jamais ce que les gens aiment, s’ils ont les moyens… Le Petit Célestin c’est une belle table pour découvrir les plats traditionnels français.

Aujourd’hui, le guide touristique est dépassé. Je reçois tous les jours des messages de personnes qui viennent à Paris, me demandant mes adresses, mes endroits préférés de la capitale. Je leur donne avec plaisir.

 

btn-article-wordpress

Carmen Vazquez
Journaliste food chez Bim