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A la découverte de la décoration du Biotiful Batignolles

Sonia Crène, sa propriétaire, nous a dévoilé tous les secrets de la décoration de son restaurant !

A la découverte de la décoration du Biotiful Batignolles

Biotiful Batignolles est un restaurant dans lequel “on se sent bien”. Pour réussir à créer cette atmosphère propice aux découvertes gastronomiques, pas de recette miracle. Sonia Crène, sa propriétaire, se laisse porter par sa passion pour la décoration et les objets (vintage ou pas). Instinct, goût et propension à mélanger les styles et les époques, elle nous a livré toutes les clés pour comprendre son restaurant et sa décoration. Une chose est sûre : Biotiful Batignolles est un spot immanquable si vous voulez passer un bon moment dans le quartier !

Bim : Quelle est l’histoire du restaurant “Biotiful Batignolles” ?
On a un autre établissement, le “Lanna Café”, et on cherchait à en ouvrir un deuxième plus grand. En passant dans la rue, j’ai vu des rideaux de fer tirés, un panneau à louer et je me souvenais que c’était une vieille épicerie indienne à l’époque. Après une visite, on a directement pris le lieu. Ce n’était pas possible de faire un “Lanna Café” bis si proche du premier, alors on a opté pour un restaurant bistronomique à la place !

Tout a dû être transformé !

Bim : Durant les travaux, quels ont été les principaux défis ?
Quand on a visité, ils avaient déjà fait tomber les murs. C’était comme une étable, il y avait du sable partout. Les murs étaient complètement bruts, pierres apparentes mais pas jolies du tout, qui donnaient un coté rustique que je n’aimais pas trop. Tout a dû être transformé !

Bim : Face à un lieu aussi « brut », comment se projette-t-on ?
C’est plutôt des bonnes ondes que l’on perçoit… ou pas. Quand je suis rentré, j’ai tout de suite vu cette ouverture sur la courette avec la verdure. C’est ce petit détail qui a accroché mon regard. J’ai tout de suite imaginé un lieu avec plusieurs ambiances.

Bim : Comment avez-vous découpé l’espace ?
Il y a une partie comptoir bar où on a notre bartender qui fait ses cocktails. On a une partie plus classique de restauration (tables et chaises). Et il y a un coin salon où on peut venir boire un cocktail, un café ou un thé, attendre des amis ou terminer la soirée assis dans des canapés. Ce qui est sympa dans ce lieu, c’est que la configuration peut tourner selon les saisons. Quand le printemps arrive, on peut ouvrir et mettre les fauteuils devant pour que les gens puissent profiter du soleil ! L’hiver, on peut profiter du coin plus chaleureux avec ses canapés et sa lumière tamisée.

Je n’aime pas les murs blancs et froids. J’adore les couleurs.

Bim : Le bar semble être un élément important dans ce restaurant !
Il a une petite histoire ! On l’a acheté avant d’avoir le lieu. Je l’avais chiné sur Internet au Pays Basque sans l’avoir vu pour de vrai. Il faisait 7m50. C’était vraiment ce qu’on appelle une belle pièce (rire) ! Il était très beau avec ses mosaïques et j’ai eu un coup de coeur. J’étais persuadé qu’on pourrait l’utiliser dans un nouvel endroit, qu’on pourrait le retravailler si besoin. J’avais un ami qui avait une ferme au Pays Basque pour le stocker. Quand j’ai appelé la personne qui possédait le bar, elle m’a dit qu’il suffirait de 3 ou 4 gros costauds, mais quand ils sont arrivés, ils étaient dix à porter le bar. Elle m’avait un peu menti (rire) ! Pour réussir à le ramener à la ferme, il a fallu un très gros tracteur. Pour le rapatrier sur Paris, on a du le couper en 3 parties… sinon c’était absolument impossible de le transporter !

Bim : Comment a-t-il influencé le reste de la décoration ?
Je n’aime pas les murs blancs et froids. J’adore les couleurs et son bleu m’a tout de suite parlé. J’ai très vite imaginé un camaïeu de bleus et de bois. On est parti de cette pièce maitresse – qu’on a installé fièrement à l’entrée – et on a travaillé autour. Créer par exemple le petit salon avec plein d’autres objets chinés. Les lumières, les miroirs… il y a même des objets qui viennent de chez moi (rire). On renouvelle aussi au fur et à mesure parce que les petites tables vintage, ça se casse tous les 6 mois. Il y a aussi des objets chinés que j’ai ramené de mes week-ends !

Bim : Pourquoi ce choix de chaises ?
Ce sont des Baumann, chaises des années 50. Elles sont belles et très résistantes malgré le fait qu’elles ont quelques dizaines d’années. Elles sont assez aériennes, tout sauf mastocs !

On ne peut pas faire un lieu joli et ne plus s’en occuper !

Bim : Quel est la relation entre la décoration du restaurant et sa vaisselle ?
Je fais très attention mais la réalité et la casse font qu’il faut aussi réfléchir de manière pratique. J’achète au coup de coeur et parfois même en avance. Je vais chiner une vingtaine d’assiettes par-ci, par-là. On a plusieurs restaurants donc on se dit forcément qu’il y a moyen d’adapter.

Bim : Comment l’endroit évolue-t-il ?
Au-delà de l’entretien, l’endroit évolue sans arrêt. Il y a des éléments qui se rajoutent, d’autres qui disparaissent. Même au niveau de l’agencement, on cherche toujours à ce que tout soit plus fonctionnel. Sans compter qu’on ne peut pas faire un lieu joli et ne plus s’en occuper !

Bim : Parlez-nous de la fresque sur le mur de l’entrée !
Elle est très importante ! C’est un ami artiste qui l’a réalisé, Tofdru. C’est quelqu’un qui habite dans le 9ème, très parisien dans l’âme. On voulait faire une fresque sur le quartier des Batignolles. On a tous nos restaurants ici, on vit là, c’est un endroit très important pour nous. C’est un peu un Montmartre en devenir, une sorte de village qui se développe bien. Il y a plein d’anecdotes à raconter. Dans cette oeuvre, on retrouve le portrait de Manet, Brel, Barbara, etc. Que des petits clins d’oeil aux personnes illustres qui ont vécu ici. Il y a plein de petites anecdotes sur des événements marquants comme l’accident du tunnel, et les films qui y ont été tournés. C’est vraiment un hommage à ce quartier qu’on aime sincèrement !

C’est vraiment un hommage à ce quartier qu’on aime sincèrement !

Suivez-vous les tendances ?
Franchement, pas du tout ! C’est plutôt des couleurs que je vais bien aimer. Je n’achète pas les magazine de design pour m’inspirer. J’essaye toujours de faire des endroits où je vais me sentir hyper bien, comme chez moi. Les gens qui aiment ce lieu disent la même chose. J’aime les lieux où on n’est pas gêné ou mal à l’aise. Tout est important – de la lumière à l’acoustique. C’est un tout !

La décoration d’un restaurant doit-elle être liée à la cuisine de son chef ?
Pour moi, c’est assez lié ! Les objets chinés viennent de plusieurs époques. C’est un assemblage harmonieux au final. En cuisine, c’est pareil. Mon chef est italien. Ma second, c’est une japonaise. J’ai un super pâtissier qui vient du luxe. L’harmonie (rire) !

Réservez une table au Biotiful Batignolles

Albéric Davet
Rédacteur en chef de Bim Magazine